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Ce texte est extrait du site www.theatrons.com

La voix

Le travail de la voix est essentiel en formation théâtrale

Les cordes vocales sont muscles. Comme tout muscle, elles demandent un échauffement. Cet avertissement est particulièrement important si vous travaillez avec de jeunes élèves qui n'en auront pas forcément conscience et qui ont facilement tendance à pousser leur organe au-delà de ses limites. Vous devrez donc veiller à ce que les exercices sur la voix augmentent progressivement en intensité.

A mon sens, l'intelligibilité du texte est la toute première condition de réussite d'un spectacle : si le spectateur doit tendre l'oreille, si, malgré cet effort (qu'il n'a sans doute pas la moindre envie de faire) il rate quelques répliques, son intérêt général pour le spectacle va rapidement chuter aux environs de zéro et tous les efforts de jeu et de mise en scène seront perdus pour de bon. De mon point de vue, il vaut mieux un texte mal joué mais intelligible, qu'un texte inaudible joué à la perfection.

Les performances vocales des acteurs dépendent de 4 paramètres :

  1. La maîtrise du souffle. Il est souhaitable, avant toute séance de travail sur la voix, de pratiquer l'exercice de respiration ventrale proposé sur ce site afin de bien associer, dans l'esprit des participants, le travail du souffle et celui de la voix.
  2. Le positionnement par rapport au public. A volume égal, un phrase énoncée face au public sera infiniment plus intelligible qu'une phrase prononcée de dos. En tant qu'animateur, vous devez garder cette contrainte à l'esprit en permanence et corriger sans relâche tout élève qui répête un texte sans avoir d'abord veillé à la position de son visage vis-à-vis du public. A force de travail, ce positionnement devient un réflexe pour l'acteur, mais sans vos interventions, ce réflexe ne pourra pas se mettre en place. Nous consacrons une page particulière à cette contrainte théâtrale.
  3. L'articulation. Correctement articulés, un mot ou une phrase peuvent rester parfaitement intelligibles, même si l'acteur n'est pas positionné face au public. Les mots d'usage courant et les expressions toutes faites ne demandent pas forcément d'effort particulier car le public parviendra à les identifier facilement. Les mots ou les expressions non-usuels (vieux français, mots savants, etc.) doivent par contre faire l'objet d'une attention toute particulière, quitte à en faire un peu trop.
  4. La ponctuation, c'est à dire l'intonation et les silences. A performances vocales identiques, un texte correctement ponctué est nettement plus intelligible qu'un texte débité platement et sans silences. Qui plus est, le travail sur la ponctuation permet d'améliorer de façon nette et rapide l'articulation des acteurs.

Tous les acteurs ne sont pas égaux en termes de performances : ceux qui sont dotés par la nature de poumons volumineux possèdent un net avantage, ceux qui sont issus d'un milieu lettré bénéficient souvent d'une maîtrise naturelle de la ponctuation, de l'intonation et de l'articulation, certains acteurs ont un voix haute ou basse, qui semble toujours couvrir les bruits ambiants, alors que d'autres ont la malchance d'avoir un registre qui se "fond" facilement dans le moindre murmure.

A vous, animateur, d'identifier les acteurs les moins performants et de les faire travailler jusqu'à ce qu'ils obtiennent des compétences satisfaisantes. En s'améliorant sur les 4 points évoqués plus haut, n'importe quel acteur peut rendre son texte intelligible, même dans une salle ayant une mauvaise acoustique.

Les quelques exercices qui suivent pourront vous aider dans ce travail :

La bobine de fil (à faire en début de séance)

Il s'agit de souffler doucement et le plus longuement possible en faisant le geste de sortir un fil de sa bouche et en émettant un "Aaaaaaaaa" très doux. Précisez tout d'abord aux élèves que cet exercice, comme tout ceux qui concernent la voix, est là pour exercer et entraîner les cordes vocales et qu'il ne faut donc pas aller jusqu'aux limites de l'asphyxie. Au début de l'exercice, le son émis doit être à peine audible. On peut ensuite recommencer en émettant un son de plus en plus fort. Cet exercice peut connaître une variante : la lecture d'un monologue où le personnage se met progressivement en colère. Attention, même si l'élève tente de réciter la plus grande partie possible du monologue sans reprendre son souffle, il doit respecter les pauses de la ponctuation, les intonations et l'articulation du texte, car les bonnes habitudes ne souffrent pas de négligence.

Le stylo

A tour de rôle, les élèves doivent réciter un texte de quelques phrases avec un stylo dans la bouche. Quand un membre du groupe ne comprend pas quelque chose, il demande à celui qui récite de répéter son texte. Pour éviter que le texte lu ne soit trop rapidement mémorisé par le groupe, on peut faire tourner le texte d'une pièce en demandant à chacun de lire la suite de la scène entamée.

Le chef d'orchestre

Il s'agit de répartir les élèves en quatre à cinq groupes. Le chef d'orchestre (l’animateur ou un élève) se place en face des groupes et attribue à chacun un son qui sera continu ou émis à intervalles réguliers. Il sollicite ensuite chaque groupe d'"instruments" d'un mouvement de la main. Il doit faire varier les combinaisons et le niveau sonore de chaque groupe dans le but de trouver une harmonie satisfaisante.

Le ping pong vocal

Par groupe ou par binôme, il s'agit de se faire face et de répondre à une sollicitation vocale (bruits, vocalises... mais pas de paroles) par une imitation la plus exacte possible ou par une relance afin de créer l'équivalent d'une "conversation". On peut d'ailleurs combiner l'imitation et la relance dans un même exercice.

La ponctuation exagérée

Chaque élève récite un monologue ou un poème (correctement ponctué) à tour de rôle. Les virgules et les parenthèses doivent être marquées par une pause de 1 seconde. Les points doivent être marqués par une pause de 2 secondes. L'articulation et les intonations doivent également être exagérées. Le meneur doit interrompre les participants qui ne respectent pas ces règles et leur demander de reprendre la lecture depuis le début en cas de négligence.

En fin d'exercice, la lecture pourra être reprise par le groupe tout entier. C'est une excellente façon d'aider les participants en difficultés à se mettre à niveau.

Variante : "les abrutis"
A tour de rôle, les élèves doivent réciter un texte de quelques phrases comme s'ils s'adressaient à un groupe d'abrutis

A lire également : ce site comporte une page intitulée "Maîtriser le silence" qui insiste particulièrement sur l'intérêt des ponctuations et sur le travail des pauses marquées au cours d'une réplique.

La voix qui marche

Il s'agit pour l'élève d'apprendre à gérer le niveau sonore et le débit de sa voix en fonction d'une activité physique et de son positionnement par rapport au public. En s'éloignant et en parcourant une distance de quelques mètres, on lui demande d'amener sa voix du simple murmure au niveau sonore le plus important qu'il puisse atteindre. La fin du trajet doit coïncider avec l'apogée des décibels et la phase de montée en puissance doit se faire de façon régulière.

On introduit des variations en demandant de lire ou de déclamer un texte et en remplaçant la simple marche par une activité plus complexe (ranger des affaires, faire le ménage...)

On demande à l'élève de tourner en rond et de forcer la voix dès que son visage n'est plus face au public.

Le chant tribal

Cet exercice vise à développer la puissance vocale. Les participants forment un cercle fermé. Ils sont tournés vers l'intérieur. Tout le monde émet en même temps un son faible, qui constitue l'environnement sonore puis chacun s'avance tour à tour au milieu du cercle et chante en solo pendant quelques secondes, par dessus les autres participants. Le but étant de pouvoir se faire entendre malgré le bruit ambiant. Il faut bien sûr penser à utiliser la respiration ventrale pour expulser un son fort sans crier.

Articulation

Le site "La langue de chez nous" proposait une très belle liste d'exercices de prononciation et d'articulation. Ce site semblant avoir interrompu ses services, vous pouvez consulter notre copie de sécurité.

Le souffle

Cet exercice très simple, a surtout pour objectif de faire prendre conscience aux élèves de l'importance du souffle dans la clarté et le volume qu'il est possible de donner à une réplique.

Dans un premier temps, on leur demande de vider leurs poumons presque entièrement puis de prononcer :

"La paire de boucles d'oreille est tombée sur le sol de la cuisine."

de la façon la plus claire et en parlant le plus fort possible.

On les invite ensuite à recommencer avec les poumons pleins.



Certains de ces exercices sont inspirés de ceux proposés par :
Olivier Apollon sur le site "levangelisation.com"
Le site "Le Grimoire du théâtre"
Le site "Investigationline"


L'encyclopédie du théâtre