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Ce texte est extrait du site www.theatrons.com

Le tic nerveux

Arrêtez de vous balancer et sortez vos mains de vos poches

Tique
Ixodes ricinus
Bien qu'ayant un flegme
naturel remarquable
(ne dit-on pas : flegmatique ?)
il arrive à la tique
d'être nerveuse,
comme tout le monde.
Cela dit, le tic nerveux
n'a rien à voir avec
une tique nerveuse,
même mâle, et cette
illustration n'a rien à faire
sur cette page.

Le premier metteur en scène qui essaya de faire quelque chose de moi faillit en perdre son latin : dès que j'entrais sur scène, je commençais à me balancer sur la pointe de mes pieds. Pointes, talons, pointes, talons... quoi qu'il se passe sur scène, que j'ai à répliquer ou non, ce balancement ne s'arrêtait pas.

Si ma mémoire est bonne (car tout ça remonte quand même à longtemps), j'ai commencé à me débarrasser de ce tic nerveux quand l'acteur qui jouait mon père s'est pris d'affection pour moi et m'a félicité pour mon interprétation.

Cette générosité (aveugle) a eu le mérite de calmer mon angoisse : jeune premier au sein d'une troupe expérimentée, je n'en menais pas large.

Car c'est bien ce que le tic nerveux exprime : un malaise, un mal-être, un manque d'assurance et souvent un manque de confiance en soi.

Oserai-je vous avouer qu'il m'arrive encore de ne pas trop savoir quoi faire de mes mains quand j'interprète un rôle pour la première fois ?

Si le tic est nerveux, soignez votre nervosité

Ça tombe sous le sens, mais c'est la première chose à faire : détendez-vous, relaxez-vous, respirez. Ma page sur le rire nerveux vous donnera mes meilleures recettes pour être "kiss cool" quand vous vous sentez "100 000 volts".

Essayez d'identifier votre nervosité et demandez-vous ce qui en est la cause.

Qu'en penserait votre personnage ? Serait-il nerveux dans votre situation ?

Si c'est le cas, votre tic est peut-être intéressant à conserver pour le rôle, mais veillez tout de même à ne pas répéter le même geste pendant toute la durée de la pièce, ça agacerait le public ; Inventez-vous d'autres tics et travaillez-les, ça vous débarrassera du premier.

Si ce n'est pas le cas, demandez conseil à votre personnage. En l'interrogeant (par le biais d'un dialogue imaginaire) vous aiderez votre personnage à prendre corps (le vôtre) et à imposer ses propres réflexes en lieu et place des vôtres.

Remplacez votre tic par des gestes volontaires

Quitte à en faire trop, et tant que le tic persiste, occupez-vous le corps et les mains avec des gestes adaptés au rôle. Grattez-vous, si le rôle permet ce genre de chose. Frottez-vous le nez, tirez sur les manches de votre veste, réajustez votre cravate, faites tourner un bijoux entre votre doigts, lissez-vous les ongles ou les cheveux, redressez le pli de votre pantalon, déplacez des objets sur scène (des livres, une chaise, un journal), etc.

Si votre tic est en rapport avec vos déplacements (un tic courant est de faire un pas, en avant, un pas en arrière, etc.), dessinez-vous un parcours précis correspondant à votre présence sur scène : "Je vais d'abord ici, puis là, je me tourne, etc."

Si vous n'avez pas de raison de vous déplacer, asseyez-vous, quitte à vous relever sur certaines de vos répliques pour leur donner plus d'ampleur.

N'hésitez pas à demander conseil au metteur en scène : il est là pour ça.

Les tics de diction

Un "heu...", un "hum, hum..." ou un bégaiement qui revient toute les deux phrases n'a pas son pareil pour perturber votre prestation.

Les tics de diction sont ceux qui traduisent la plus grande nervosité. Ils sont d'autant plus ennuyeux à gérer qu'il n'offrent pas la possibilité d'être remplacés par autre chose : ils se manifestent "en plus" du dialogue normal.

Avec la complicité du metteur en scène, essayez de répéter une ou deux fois l'ensemble de vos répliques en vous accordant un blanc d'une seconde avant chacune d'elles. Pendant ce blanc, répétez votre réplique dans votre tête, puis dites-là à voix haute.


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