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Ce texte est extrait du site www.theatrons.com

Le sur-jeu

En faire des tonnes est parfois une façon de se protéger

Caesar, ouvre toi...
Comme je compte le démontrer
dans cette page, et malgré le
nombre indécent de filles faciles
qui lui tombaient sans doute
toutes crues dans ses bras
cruels et velus, César n'était
pas un homme heureux.
Il paraît qu'il était triste
quand il était seul.
Y aurait-il un petit côté César ou Napoléon, bref, un petit côté "m'as-tu-vu" chez vous ?

Le masque du clown

Sans doute pas. Si l'on vous reproche parfois d'en faire des tonnes et de sur-jouer votre rôle, c'est peut-être tout simplement que vous avez tendance à cacher votre timidité sous des airs de clown.

Le sur-jeu est un masque, une protection qui cache une partie de votre personnalité derrière un écran de fumée.

Il dévoile votre tendance à planquer ce que vous considérez comme "vos défauts" derrière ce que vous considérez comme "vos qualités".

En procédant de cette façon, vous appauvrissez malheureusement votre rôle qui peut finir par devenir agaçant à force d'être toujours le même.

Parallèlement, vous vous appauvrissez vous-même et vous ne profitez pas de toutes les choses merveilleuses que le théâtre peut vous apporter. Car le théâtre est là pour vous faire grandir, par pour plaquer une couche de vernis sur un tableau figé.

Ce que vous considérez comme "des défauts" n'en sont peut-être pas aux yeux des autres. Ce que vous considérez comme "des qualités" amuse sans doute la galerie, mais crée aussi une lassitude qui vous isole finalement, dans une grande solitude. Et le clown est triste quand il est seul. Snif.

La magie ne se contrôle pas

L'idéal de l'acteur, c'est d'émouvoir son public. Votre cœur est le seul qui puisse faire ce tour de magie. Laissez-le s'envoler, laissez-le saigner s'il veut saigner, laissez-le chanter s'il veut chanter, laissez-le pleurer, s'il veut pleurer, laissez-le douter, surtout. Laissez votre cœur agir à sa guise et ne lui dites pas ce qu'il doit dire, il ne parle pas la langue de votre mental et ne vous comprendra pas.

Par l'esprit, vous ne pourrez faire qu'une démonstration qui n'intéresse personne. Ne le prenez pas mal, mais le public ne vient pas pour voir ni pour admirer qui que ce soit : il vient pour vibrer, pour trembler, pour rire et pour pleurer. Il ne vient pas pour vous ni pour aucun autre acteur, il vient pour le spectacle. Si vous vous interposez entre la magie du spectacle et le public, vous déclencherez la critique et le mépris, pas l'admiration.

Le spectacle est une œuvre collective que vous devez servir humblement. C'est un mélange bizarre et hétéroclite de personnes, de lumières, de décors, d'une histoire et d'une vision que le metteur en scène aura tenté de donner à tout ça. Vous n'êtes qu'un pion, un élément parmi d'autres. Si on ne vous remarque pas, c'est peut-être que vous êtes tout simplement parfait dans votre rôle et que votre perfection contribue à cette fabuleuse magie qui emporte les spectateurs au-delà de la scène. Leur regard ne s'arrête pas sur vous, il va bien au-delà, guidé par votre personnage dans un monde imaginaire.

La sincérité est la clé de tout

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'acteur ne travaille pas pour le public : il travaille pour lui. Le texte est son maître, son guide, son gourou. Le texte propose des émotions, parfois difficiles à décoder, qui sont autant de graines de bonheur, d'intensité, de surprises, que l'acteur cultive égoïstement et fait pousser pour lui seul. Et c'est très bien ainsi.

S'il prend suffisamment soin de ces plantes très exotiques, elles lui donneront autant de super-pouvoirs dont il n'aura pourtant nul besoin de faire un usage conscient. Car ces super-pouvoirs ne se manifestent qu'à leur guise, et seulement quand cela est utile est nécessaire. Qu'il continue a les choyer, à les dorloter, à les laisser grandir en lui, et il grandira avec eux.

Le bonheur est à la clé. Le bonheur se trouve parfois, mais il ne se cherche pas. Il se laisse accueillir, tout simplement.

Accueillez-vous, entièrement, totalement. Aimez-vous intensément et sans partage, aimez toutes les parties de vous-même, y compris les plus sombres, les plus "méprisables", les moins présentables, les moins admirables.

Balancez ça au public et vous serez aimé tout entier, pour vous-même et pas pour votre apparence.

Allez, courage !


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