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Ce texte est extrait du site www.theatrons.com

Le rire nerveux

Il peut bloquer votre talent. Voici comment le calmer.

Rira bien qui rira le dernier
Autrefois, le rire était le propre
de l'homme. Mais depuis la
révolution féministe, les femmes
ont aussi le droit de rire et de
faire pipi debout.

Le rire nerveux peut aller du ricanement involontaire jusqu'au fou rire incontrôlable (parfois en plein spectacle).

Dans tous les cas, il se manifeste à la suite d'une forte tension nerveuse (parfois inconsciente) que votre organisme "décharge" par ce moyen. Le rire a en effet un effet apaisant et relaxant très puissant grâce à la sécrétion d'hormones qu'il déclenche (l'endorphine, hormone naturelle, a des effets comparables à la morphine).

Oui, mais voilà : le rire nerveux a le chic pour débarquer au mauvais moment et contrarier cette concentration que vous avez tant de mal à obtenir. Comment le gérer ?

Accepter le message

C'est d'abord en faisant la paix avec la partie de votre psychisme qui manifeste une tension que vous pourrez maîtriser ce rire nerveux, surtout s'il est fréquent. Plus vous ferez la "sourde oreille" a cette partie de vous, plus vous accumulerez des tensions nerveuses qui se manifesteront par ces rires incontrôlés.

Le rire permet de prendre une distance par rapport à la situation du moment. Quelque chose vous dérange donc, quelque chose que vous n'acceptez pas entièrement, que vous souhaiteriez fuir.

Si vous parvenez à identifier l'origine de cette "gêne", vous allez pouvoir travailler sur elle en utilisant une ou plusieurs des méthodes proposées ci-dessous. Mais même si vous n'avez pas la moindre idée de la provenance de votre tension, tout n'est pas perdu !

Se relaxer

Puisque c'est une tension nerveuse qui est en jeu, vous pouvez commencer par quelques exercices de relaxation qui pourront, dans bien des cas, suffire à gérer la crise.

Les yeux

Si la situation le permet, le fait de fermer les yeux est un bon début. Ce simple réflexe vous permet de vous recentrer et vous aide à faire le vide en vous.

La respiration

La respiration sera votre arme fatale. En vous concentrant sur elle, vous obtenez un double bénéfice :

Prenez des inspirations profondes en essayant d'utiliser la totalité de vos poumons. Le stress nous amène souvent à haleter (inspirations courtes et saccadées) en utilisant seulement la partie haute de nos poumons. En travaillant la respiration abdominale, vous évacuerez l'air vicié qui restait bloqué dans le bas, et vous améliorerez fortement l'absorption d'oxygène par votre organisme.

Deux ou trois inspirations profondes peuvent suffire à évacuer la majeure partie de vos tensions.

Les acteurs professionnels victimes du trac, qui survient souvent juste avant l'entrée en scène, pratiquent très souvent quelques inspirations profondes au dernier moment.

Les tensions musculaires

Votre stress se manifeste par des tensions musculaires (muscles noués) qui consomment une grande partie de votre oxygène. Détendez-vous autant que possible.

Concentrez-vous d'abord sur la nuque, puis sur les épaules, les bras, le torse, le ventre, les cuisses et les jambes. Imaginez que de l'eau chaude coule sur chacune de ces parties et qu'elle évacue toutes les tensions qui s'y étaient accumulées. Plus vous pratiquerez souvent cet exercice, plus il sera efficace. Au bout de quelques jours, le simple fait de visualiser l'eau chaude détendra l'ensemble de votre corps en quelques secondes.

Prenez vos distances

Comme je le dis plus haut, le rire est un moyen de prendre une distance par rapport à une situation qui vous stresse. Ce n'est pas le seul et vous pouvez tentez de trouver une alternative à cette forme de fuite.

Si vous pouvez, physiquement, vous éloigner quelques instants de l'endroit où le rire nerveux menace d'exploser, cela sera sans doute la façon la plus radicale de désamorcer la crise.

Mais si le rire vous guette en plein dialogue ou en pleine action, vous pouvez aussi vous obliger à prendre une distance psychologique avec la situation. En tant qu'acteur, cela vous sera d'autant plus bénéfique que votre métier vous amène en principe à conserver, en toute occasion, une attitude d'observateur par rapport à vous-même.

L'acteur n'est pas le personnage. L'acteur est plus que le personnage. Même si vous avez la chance de savoir faire naître le personnage en vous, vous ne devez pas lui livrer votre corps et votre âme en totalité (il ne saurait d'ailleurs sans doute pas quoi en faire !).

Tandis que vous versez à votre public et à vos partenaire le nectar délicieux de votre dialogue, observez-vous, sentez-vous, écoutez-vous comme quelqu'un d'autre pourrait vous observer, vous percevoir et vous écouter.

En étant l'observateur de vous-même, vous laissez d'autant plus de chance à votre personnage de faire son chemin en vous, car vous quittez provisoirement le pont du navire... tout en en restant le capitaine ! Soyez pour votre personnage un maître bienveillant et encourageant, mais ne le laissez jamais prendre votre contrôle.

Parlez-en

Le verbe est magique. Que vous parveniez ou non à comprendre ce qui crée une tension chez vous, parlez-en avec une personne de confiance. Racontez-lui dans quelles circonstances le rire vous attrape, ce que vous ressentez à ce moment là. Décrivez-lui en détail ce qui se passe.

Ce qu'on vous répondra n'a pas une grand importance. C'est le fait de parler qui vous aidera surtout à vous libérer, à prendre une distance par rapport à ce qui provoque votre gêne.

Si vous savez précisement ce qui provoque vos crises, le fait d'en parler peut être encore plus efficace.

Réconciliez-vous avec le problème

Problème posé par votre personnage

Si vous avez identifié le personnage comme étant la cause de votre tension, vous allez pouvoir utiliser le reste de la troupe pour vous aider à gérer le problème. Demandez-vous et demandez-leur tout ce que ce personnage peut avoir de positif.

Valorisez-le (à titre d'exemple, vous pouvez lire mon apologie du méchant, qui vous indiquera des pistes), cherchez toutes les retombées positives de ses actions, mêmes si elles sont involontaires.

Imaginez-lui un passé qui expliquera (à défaut d'excuser) tout ce qui vous gêne en lui. Ayez de la compassion pour lui, soyez tendre avec lui. Essayez de l'accepter comme un frère, avec tous ses défauts.

Problème posé par la situation

Si le rire survient pendant une scène d'amour (le cas est très fréquent), identifiez le sentiment réel (mépris, attirance réelle, amusement, etc.) que vous inspire la personne en face de vous. Commencez alors par amplifier ce sentiment, jouez-le de façon exagérée (mais sincère), puis faites-le évoluer progressivement vers le sentiment d'amour que vous êtes censé jouer.

Dans la mesure du possible, expliquez précisément ce que vous êtes en train de faire à votre partenaire, aussi étrange que cela puisse lui paraître.

Quelle que soit la situation qui vous pose problème, commencez par jouer le sentiment contraire à celui que vous devriez jouer, jouez la haine si vous êtes censé être amoureux(se), jouez l'amour si vous êtes censé être haineux, jouez le calme si vous êtes censé être violent ou la violence si vous êtes censé être calme. Vous pourrez ainsi, une fois pour toute, libérer les pulsions qui créaient une tension chez vous et vous serez définitivement débarrassé de votre rire nerveux.

Faites le clown

Vous pouvez aussi tenter de vous ridiculiser une bonne fois pour toute dans la situation ou dans le rôle qui vous rend nerveux.

Allez jusqu'au bout de ce rire, buvez-le jusqu'à la lie, sautez, criez, défoulez-vous, riez aux éclats, faites le clown en exagérant à l'extrême le caractère du personnage ou la situation. Jouez votre rôle en bégayant, avec la bouche pâteuse, en imitant un débile. Jouez votre rôle en débraillé, la coiffure en désordre.

Acceptez pleinement la cause de votre tension, assumez-la, et vous en serez libéré(e).


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