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Ce texte est extrait du site www.theatrons.com

L'extrême discrétion

Vous avez l'impression d'en faire beaucoup mais personne ne voit rien. Que se passe-t-il ?

Estampe japonaise
L'autre, jour, je dis à un copain :
"Les japonaises sont drôlement
culottées, quand même !
T'as vu un peu tout ce qu'elles
font dans le Kamasutra ?"
Ce à quoi il répondit qu'il
n'avait pas vu l'ombre d'une
culotte dans le Kamasutra
et qu'en plus, le Kamasutra
était chinois, et pas japonais.

Depuis, j'ai changé de copain
et je drague les chinoises.

J'espère avoir plus de succès
qu'avec les japonaises.

Vous vous sentez culotté d'avoir osé parler si fort, d'avoir occupé tant de place, d'avoir fait des moulinets avec vos bras et d'avoir éclipsé - peut-être même écrasé et humilié - vos partenaires par votre grandiloquence spectaculaire.

Pourtant, quand le metteur en scène s'adresse à vous, il vous balance quelque chose comme "bon, coco, les italiennes sont finies depuis 2 mois, quand est-ce que tu commences à jouer ton rôle ?"

Mazette ! Vous voilà victime du syndrome de "l'extrême discrétion".

Les autres ne voient-ils donc pas tous les efforts que vous avez fournis ?

Il faut dire aussi que le théâtre est un peu frustrant ! Si vous aviez su qu'il fallait parler si fort, qu'il fallait à ce point "surjouer" pour se faire remarquer, vous auriez fait du cinéma !

Sous vos airs de brute épaisse, se cache un cœur d'or

C'est sans doute votre extrême sensibilité, en effet, qui vous retient d'en faire "trop"... et peut-être même d'en faire suffisamment.

Quelle richesse intérieure vous abritez ! Quels trésors de nuances et de subtilités vous gardez jalousement en vous ! Vous êtes un lac profond dont le monde ne voit que la surface.

Un monde dont vous faites peut-être partie, hélas.

Avez-vous, vous-même, conscience des richesses que vous abritez ? Et n'est-ce pas justement pour les découvrir que vous avez tenté cette expérience théâtrale ?

Alors plongez, que diable ! Explorez vos tréfonds bouillonnants et épatez-nous !

Chantez sous la douche

La première chose à faire est de vous épater vous-même. La douche et la voiture (quand vous êtes seul) sont deux endroits formidables pour chanter à tue-tête, crier de tous vos poumons et danser (en regardant la route, quand même) à vous essouffler la rate.

Expérimentez votre puissance intérieure, ouvrez-lui la voie vers l'univers, faites vibrer les vitres et, si possible, faites vous rire de tout ça.

Parlez fort, encore plus fort, allez, encore plus fort... cherchez votre limite. Quand votre tête commence à chauffer, c'est que vous êtes sur la bonne voie.

Répétez vos répliques en criant, en rugissant, en tempêtant, en éructant, en pelant l'écorce des mots. Jetez-les à la face de votre pare-brise ou de votre carrelage mural, assez fort pour qu'ils s'y brisent ou y rebondissent en cascade.

Découpez l'air au laser de votre bras vengeur, bandez vos muscles à faire mousser le savon, balancez votre corps dans tous les sens.

Capturez l'émotion

Une fois que vous vous serez défoulé(e), reprenez vos dialogues en parlant normalement. C'est nettement mieux, non ?

Il est temps de laisser la richesse de vos émotions remonter à la surface. Soyez attentif(ve) à vous-même : la lecture du texte vous fait vivre quelque chose ? Exagérez-le légèrement. Imprégnez-vous en. Laissez-vous envahir.

Reprenez, encore et encore. Capturez l'émotion et cultivez-la. Faites-là mousser comme vous avez fait mousser le savon.

Je vous assure qu'à la prochaine répétition, le metteur en scène ne va pas en revenir.


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